Découvrez le SEL (Système d'échange local)

Solidarité
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Le système d'échange local : une autre manière de partager

 

Face à la recrudescence du chômage, à la précarité des emplois et à la pauvreté de plusieurs millions de personnes jeunes et moins jeunes, le système d'échange local se veut une alternative au système monétaire actuel. Son objectif est de développer les relations sociales et de transformer le rapport avec l'argent en permettant à toutes et tous d'accéder à des biens, services... sans argent et par l'échange.

 

Comment cela fonctionne

 

Un système d'échange local est un système d'échange alternatif au système monétaire et économique traditionnel. Il rassemble, au sein d'une association ou d'un réseau, des personnes qui échangent entre elles des savoirs, des biens et des services, sans utiliser d'argent. Les personnes font appel à une unité de compte, en général basée sur le temps passé (donc indépendante de la qualification requise) et dont le nom varie d'un système à l'autre (exemple : le « grain de sel », la « truffe », la "pépite", "la feuille" la « châtaigne »...). Cette « monnaie » n'a pas de valeur financière, mais seulement d'échange.

 

Basé sur l'échange, le respect de chacun, l'esprit de partage et de coopération, le système d'échange local permet à chacun de participer à l'économie locale en apportant ses compétences, son savoir, sa force de travail, son temps et en demandant ce dont il a besoin. Il permet à chaque adhérent (ceux qui ne disposent pas de ressources financières ou qui sont au chômage comme n'importe quel autre adhérent) d'avoir accès à des services en échange d'offres qu'il peut réaliser. Les SEL existent dans la plupart des régions de France. On y échange des biens, des services et des savoirs.

 

Sur le plan légal, les SEL ne sont exonérés de TVA et d'impôts que parce qu'il s'agit de transactions ponctuelles et non répétitives, sortant du cadre de la profession, l'entraide étant considérée comme légale.

 

Pour que le SEL puisse fonctionner, il est nécessaire que les gens ne soient pas trop éloignés afin que les personnes puissent se déplacer facilement les unes chez les autres pour effectuer les échanges.

 

Les modalités d'échange

 

Le choix de l'unité d'échange est un élément important dans la mise en place d'un SEL. Pour certains SEL, l'unité de compte est le « grain de sel ». Les adhérents échangent en unité de compte ou "mémoire d'échange" le "grain de sel". Une heure d'échange de savoir ou de service vaut, généralement, 60 grains de sel. Toutes les compétences au sein du SEL sont mises sur un pied d'égalité. Ainsi, une heure de ménage a généralement la même valeur qu'une heure de cours informatique.

 

Tous les échanges SEL se font de gré à gré entre les adhérents : on se met d'accord avant l'échange. Pour fonctionner, Le SEL doit faire connaître les offres et les demandes des différents membres du réseau à travers un catalogue recensant toutes les offres et les demandes, les compétences, le matériel disponible...

 

Les comptes en grains de SEL des adhérents se tiennent généralement dans des limites choisies par le SEL (- 1500, + 1500 par ex.). L'état des comptes ouverts à tous, permet d'éviter les comptes trop positifs ou négatifs et d'aider à la régulation (aider ceux qui sont trop négatifs à donner et les trop positifs à recevoir).

 

Dans certains groupes, les unités de compte sont remises à zéro à la fin de l'année. Chaque adhérent du SEL dispose de bons d’échanges qu’il envoie, après transaction, à la personne chargée des enregistrements des transactions. Ces transactions sont enregistrées avec un programme informatique adapté au SEL, permettant régulièrement d’éditer les comptes des transactions et de les distribuer à tous les membres.

 

Lors de certains échanges,  des euros peuvent être demandés aux participants dès lors que des dépenses en euros ont été engagées ex.: pour une location de salle, des matières premières lors d'ateliers (aliments, bois, cosmétiques, etc..) ou l'essence lors de co-voiturage. Elles sont alors  partagées entre les participants. Le temps passé lui n'est comptabilisé qu'en grains de SEL.

 

La création d’un SEL se fait avec un statut d’association à but non lucratif déclaré ou non en préfecture (asso de fait). Les frais de fonctionnement du SEL (téléphone, timbres, photocopies...) sont pris en charge par une cotisation annuelle versée à l’association, pouvant varier entre 3 à 15 euros. Les SEL sont autogérés, les différentes tâches de fonctionnement sont assurées par les adhérents, selistes ou seliennes...

 

Certains SEL organisent régulièrement des marchés (BLE: bourses locales d'échanges) réunissant tous les membres du groupe au cours desquels tous les échanges s’effectuent en grains de sel. Ils peuvent aussi organiser aussi des InterSEL : rencontres entre plusieurs SEL d'une même région. Ces regroupements sont très utiles pour permettre aux membres du réseau de faire connaissance et d’échanges des produits, des services et des informations. Cela permet de créer des liens qui favoriseront les échanges futurs.

 

Pour plus d'informations : www.selidaire.org