Se nourrir : Un droit pour tous

Alimentation
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Se nourrir : Un droit pour tous

 

Entre 6 et 8 millions de personnes en France souffrent de malnutrition en raison, principalement, de la précarité de leur situation. Nous pouvons y trouver des familles entières et monoparentales, des personnes seules, des étudiants, généralement des personnes qui vivent uniquement des minima sociaux, des chômeurs de longue durée et, depuis quelques années, des travailleurs à temps partiel.

 

L'aide alimentaire au service des plus démunis

 

Pour ces personnes, l’aide alimentaire représente la première source d’approvisionnement pour l’ensemble des produits, suivie par le hard-discount. La moitié des personnes ayant recours à l’aide humanitaire déclare ne pas avoir assez à manger. Cette situation de carence alimentaire augmente les risques sanitaires avec des maladies chroniques comme l’hypertension, mais accroit également le surpoids et l’obésité, notamment chez les femmes.

 

Ces populations défavorisées sont particulièrement exposées aux conséquences nutritionnelles de la précarité, ce qui les pénalise encore davantage pour leur réinsertion. Le besoin des banques alimentaires augmente d’année en année. En 2011, elles ont distribué 178 millions de repas et les Restos du Coeur 109 millions de repas. Grâce à des milliers de bénévoles et des dizaines d’associations humanitaires, des millions de personnes ont accès à des repas chauds. Le fait d’aider les plus démunis à se nourrir ne réduit pas la pauvreté, bien au contraire. Elle s’accroit, par la précarité des emplois et les divorces qui disloquent les familles.

 

Personne ne peut dire qu’un jour il n’utilisera pas les circuits de solidarité pour nourrir sa famille. Nul n’est à l’abri du chômage, du divorce et autres crises et ruptures qui peuvent nous obliger à demander de l’aide.

 

 

Se rendre dans les réseaux sociaux de distribution gratuite

 

3,5 millions de personnes environ ont bénéficié en France, en 2010, d’une aide alimentaire (sous forme de repas, de paniers, d’accès aux épiceries sociales) sur les 8 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté qui pourraient y prétendre. Ces données sont principalement issues des informations cumulées remontées par les quatre organisations humanitaires habilitées à participer au Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) : Croix-Rouge, Restos du Coeur, Fédération française des banques alimentaires et Secours populaire français.

 

Au-delà de ces structures réparties sur toute la France, il y a les centres communaux et intercommunaux d’action sociale (CCAS/CIAS) qui participent localement à l’aide alimentaire pour lutter contre l’exclusion de leurs concitoyens. Leur apport se traduit sous ses différentes formes : bons alimentaires, ouverture d’une épicerie sociale, restauration scolaire, aide en espèces, soutien au secteur associatif, etc. – l’aide alimentaire poursuit de nombreuses finalités, allant de la réponse d’urgence à l’insertion sociale en passant par la lutte contre l’isolement des personnes en situation de précarité. Il ne faut pas hésiter à faire appel à ces réseaux de distribution en respectant votre juste besoin, vos droits et en évitant de profiter de ces systèmes au détriment d’autres personnes qui en auraient davantage besoin.

 

Le service social de votre mairie saura vous informer sur les lieux de distribution et l’aide que vous pouvez recevoir.

 

 

Pour plus d'informations :

 

http://www.fondation-abbe-pierre.fr/

 

http://www.secourspopulaire.fr/

 

http://www.banquealimentaire.org/

 

http://www.restosducoeur.org/

 

http://www.armeedusalut.fr/

 

http://www.croix-rouge.fr/

 

 

Se faire connaître auprès des épiceries sociales et solidaires

 

Pour ceux qui ne pourraient pas accéder à l'aide alimentaire gratuite, ils peuvent se rapprocher des épiceries sociales et solidaires qui prendront en compte leur situation familiale et financière afin de bénéficier de leurs produits à tarif réduit.

 

Elles apportent une aide, principalement alimentaire, à un public en difficulté économique, fragilisé ou exclu. Dans des espaces aménagés en libreservice, aussi proches que possible d’un magasin d’alimentation générale, elles mettent à disposition de leurs usagers des produits variés et de qualité, moyennant une faible participation financière : autour de 20 % du prix usuel.

 

La contribution financière participe de la dignité des personnes et de la liberté de choix qui sont les valeurs fondamentales des épiceries solidaires. L’accès des usagers est validé dans chaque épicerie en fonction de critères socioéconomiques et familiaux (composition du foyer) ; de manière générale, le revenu des usagers se situe autour du seuil de pauvreté, mais chaque structure définit ses propres critères d’admission en fonction du contexte local.

 

Pour plus d'informations :

 

http://www.epiceries-solidaires.org/

 

La générosité citoyenne

 

Le don représente plus de la moitié des aides que recoivent les associations carritatives d'aide alimentaire. Entreprises, citoyens, collectivités tous participent à ce grand élan de générosité afin de permettre au plus grand nombre d'accéder à des repas chauds, notamment en période hivernale.

 

Coluche serait à la fois fier de découvrir comment son projet des restos du coeur s'est développé au fil des ans et dans toute la France, mais il serait surtout triste de constater que la pauvreté s'est accentué aul lieu de reculer.

 

Il ne faudrait pas que la générosité de tous soit un frein à la refonte d'un modèle basé sur l'exclusion.

 

La parabole du pêcheur nous explique qu’il est préférable d’apprendre à pêcher plutôt que de donner du poisson. Sans doute faut-il donner du poisson pour apporter la force d’apprendre.

 

Il est difficile d’apprendre le ventre vide. Mais qui apprend à pêcher, à devenir autonome ? À s’auto-suffire ? Une réflexion de fond sur l’insertion est à mener, sous peine d’assister à une accélération de la pauvreté et de la malnutrition, encore plus rapide avec la crise actuelle. Dans le même temps, des poubelles entières débordent d’aliments non consommés. Il n’est pas facile de trouver un équilibre entre le trop peu et le trop-plein. Il y a des pratiques à développer pour limiter le gaspillage, mieux se nourrir, partager davantage, valoriser et développer les ressources alimentaires de notre patrimoine.

 

La solidarité passe également dans la manière dont nous consommons nous-mêmes et réduisons notre gaspillage alimentaire.