Quel modèle de développement pour demain

Société
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Quel modèle de développement pour demain

Quel modèle de développement pour demain!

(1ère partie)

 

 

Le partage, l’entraide, l’échange, le troc, le coopératif, autant de pratiques collaboratives qui ont construit pendant des siècles l’économie rurale. Avec le développement de l’économie industrielle du 19ème siècle et de la consommation  dans la seconde moitié du siècle dernier, la ruralité  s’est transformée en perdant 90% de ses exploitations et des millions de travailleurs dans le secteur primaire. Les petites fermes ont fait  place aux méga exploitations en grande partie subventionnées par l’Europe et dirigées plus par des gestionnaires que par des amoureux du vivant.

 

Pendant ce temps là, les exploitants agricoles et surtout  leurs descendants sont venus chercher refuge et emploi dans les villes, désertifiant par la même leur lieu de vie d’origine.

 

Malgré l’engouement de nombreux citadins pour le retour à la terre et à une vie plus simple mais plus enracinée dans le vivant et le mieux être, notre modèle économique actuel  prône le développement de mégalopoles colorées en vert avec la construction d’écoquartiers et de buildings à énergies positives. La construction de ces villes durables et intelligentes  visent  la réduction des énergies et la concentration de population rendant plus aisé la maitrise des flux humains, économiques, écologiques, psychologique.

 

Ce nouveau concept de smart community, promouvant la construction de lieux de vie et de travail technologiquement intelligents  permet  de répondre à certaines exigences économiques et écologiques, mais prend-elle en compte les besoins  de nos concitoyens ?

 

Ce modèle de développement s’appuie  sur des vrais besoins en matière d’économie, d’énergie et de renouveau de l’habitat. Mais aussi et principalement  sur des préoccupations financières qui amènent les constructeurs et autres acteurs de l’intelligence urbaine à centrer leurs efforts sur les grandes villes plutôt que sur les territoires ruraux. La rentabilité des villes prend le pas sur l’investissement dans les territoires. La déshumanisation des villes s’accroit au même rythme que la désertification rurale.

 

Sur les 36000 communes françaises, seulement  1000 d’entre elles dépassent  les 5000 habitants et la plupart se situent en périphérie des grandes villes. Après le regroupement des régions, viendra sans doute le regroupement des communes et à terme la suppression des conseils départementaux. L’optimisation du nombre des hôpitaux  et des tribunaux en sont des exemples. Dans l’approche actuelle, cette démarche s’apparente à de la bonne gestion mais ne fait que renforcer le modèle dominant en marginalisant les plus éloignés.

Il est donc légitime de  nous questionner sur la validité d’un tel modèle basé sur la destruction des ressources, la désertification de nos territoires pour une concentration des lieux de vie et des emplois.

 

Francis Karolewicz